Nocturnes littéraires du Var, Saint Tropez, août 2014

Née à Lyon en 1975, rien ne me destinait à l'écriture...

Si mes parents étaient tous deux enseignants en linguistique, j'ai fait très tôt le choix d'une carrière scientifique. Devenue médecin, je me suis installée en 2003 comme médecin généraliste, dans un petit village de l'Ouest lyonnais. Dans cette jolie région rurale, j'ai exercé au sein de deux cabinets médicaux différents pendant un peu plus de onze années, avant de changer de vie.

Depuis 2014, je vis en Suisse avec mon mari et mes deux enfants. J'exerce toujours la médecine, mais cette fois aux urgences, à l'hôpital de Pourtalès, à Neuchâtel. Un nouveau défi dans lequel je m'épanouis totalement, moi qui ai longtemps hésité entre le métier de médecin de famille et une carrière au Samu...

Et l'écriture, dans tout ça ?

Depuis l'adolescence, je n'ai jamais cessé d'écrire. On dit que beaucoup de soignants ont ce besoin, un exutoire peut-être, d'oublier dans la pratique artistique les difficultés d'un métier souvent psychologiquement éprouvant. Je ne sais pas si c'est mon cas, mais il est vrai que j'ai toujours puisé dans l'écriture une profonde sérénité.

Au début, comme beaucoup d'auteurs en herbe je pense, je me suis essayée à raconter de petites histoires, des nouvelles ou des romans très courts. Bien sûr, tout cela était encore très confidentiel et je n'écrivais que pour moi. Ce n'est que bien des années après, alors que j'étais interne au Samu de Lyon, que j'ai terminé mon premier roman, inspiré de mon expérience d'urgentiste au sein de ce service unique en son genre. Basée sur des faits réels, chaque histoire était l'occasion de mettre en scène mon quotidien professionnel, au fil des interventions de mon héros, médecin urgentiste.

Moi qui ai souvent dit, plus tard, que je ne voulais pas écrire sur moi et ma réalité, j'ai donc commencé par raconter un monde connu, celui des urgences, dans lequel je baigne depuis bientôt vingt ans... Sans doute fallait-il en passer par là, et avec le recul, je regarde avec beaucoup de tendresse ce recueil de jeunesse, qui n'a jamais été publié.

Même si je n'ai pas jusqu'à présent écrit de roman strictement "médical", on rencontre bien souvent dans mes histoires des médecins, des infirmières ou des pompiers... On ne se refait pas ! J'ai d'ailleurs écrit plusieurs nouvelles médicales, dont une publiée dans le tome 2 de "33 histoires vraies racontées par des médecins". L'autre, Sébastien, a été sélectionnée et publiée en 2016 par le Courrier, un journal d'information suisse, et vous pouvez la lire sur ce site grâce au lien de la section "nouvelle gratuite".

Après le Samu, j'ai écrit plusieurs romans de fiction, se déroulant dans les milieux les plus divers. Mes héros sont éleveurs de chevaux, musiciens ou cuisiniers, dompteurs de fauves ou acrobates, policiers ou bien médecins, marins, gardiens de phare et même pilotes automobiles.

C'est ce que j'aime dans l'écriture. Cette omnipotence, cette capacité de créer à l'infini et de décider du sort des personnages, qu'à volonté on épargne ou on gracie, qu'on fait souffrir ou à qui on offre une existence paisible et heureuse.

La création littéraire est un bonheur sans fin, et avoir la chance qu'un éditeur ait cru en moi et m'ait publiée un privilège. Car être lue, voilà bien la finalité, l'espoir de tout écrivain. Faire partager son imaginaire au-delà de la bienveillance du premier cercle de lecteurs, les intimes dont l'affection, même si elle est un encouragement précieux, fait forcément douter de l'objectivité... Etre lue, critiquée et pourquoi pas aimée, par des lecteurs inconnus qui dans l'histoire que je leur raconte, auront pris un plaisir vrai et sans s'y sentir obligés... Voilà pour moi la plus belle des récompenses...

Alors merci à vous, lecteurs connus et inconnus, merci de me laisser vous entraîner dans mon petit monde imaginaire. J'espère que vous vous y plairez, et que durant longtemps encore, nous pourrons cheminer ensemble...